Une conférence de presse ce vendredi 4 mars, Voix du Nord, Nord Eclair, Liberté et direct 8 étaient présents. Pour les associations, nous étions la CNL, le DAL, AC CGT et INDECOSA CGT
Conférence de Presse – Bourse du Travail de Lille – 4 mars 2011 (texte ci dessous Indecosa CGT)
Manifestation du 12 mars 2011 – 11h – Place de la République à Lille pour l'arrêt des expulsions, contre le logement cher, pour la création massive de logements sociaux
L'envolée des décisions d'expulsion, la progression du mal-logement sont des facettes d'une crise du logement qui s'aggrave et s'amplifie.
Cette crise touche en premier les personnes les plus fragilisées mais s'étend aussi chez les salariés, et pas seulement les plus précaires.
L'accès et le maintien au logement, sont indissociables de l'emploi et du revenu. La faiblesse des salaires et des pensions, le coût des dépenses incompressibles qui ne cessent d’augmenter, l'envol du niveau des prix de l'immobilier et des loyers rendent de plus en plus difficile la possibilité pour les salariés de se maintenir dans leur logement, d'en changer ou de pouvoir y accéder.
Le logement est un droit fondamental, un besoin essentiel pour tous. A le considérer comme une marchandise, le gouvernement soucieux des intérêts du capital, pousse les prix immobiliers et les loyers à la hausse. Prétextant les vertus de la discipline budgétaire et se plaçant sous le dogme de la réduction des déficits publics, il réduit la capacité globale de production des logements locatifs sociaux. Il se désengage de sa responsabilité en faisant porter la charge sur les collectivités locales et Action Logement. Enfin, il mystifie le pays en voulant faire croire que l’accession à la propriété généralisée est LA réponse à la crise du logement en France qui s'étend à de plus en plus de territoires. Un chiffre en atteste, près de 1 500 000 demandes de logement HLM sont non satisfaites.
Les politiques publiques ont favorisé les projets immobiliers à la fois spéculatifs et mal placés, alors que l’État réduit son soutien au logement social. Entre 2000 et 2008, l'effort de l’État pour le logement social a reculé de 0, 25 point de produit intérieur brut (PIB). Parmi les coupes, ce sont surtout les « aides à la pierre », c'est à dire les subventions aux organismes HLM pour la construction d'immeubles qui ont été visées, elles sont passées de 716 millions d'euros en 2009 à 270 en 2011.
Après avoir satisfait à l’appétit des banques avec la banalisation en 2008, l’État propose désormais de réduire la part centralisée auprès de la CDC des fonds collectés par les banques au titre du livret A à hauteur de 65 % au lieu de 70 %. Les fonds centralisés seraient ainsi maintenus à hauteur de 160 milliards, soit la même enveloppe qu'en 2008 Le décret définitif doit être pris avant le 30 septembre 2011. Cela va encore aggraver la crise du logement en diminuant la ressource disponible pour le logement social et la bonification des prêt s alors que différents rapports ont mis en avant un besoin allant croissant des ressources centralisées pour accompagner l'offre de logements.
La loi de finances 2011 a accentué la ponction sur les HLM. Les 245 millions prélevés vont se traduire globalement par moins 60 000 logements construits sur 3 ans et en terme d’emploi, par un manque 30 000 emplois /an.
De par la captation de ses ressources « le 1% logement », non seulement, ne bénéficie plus aux salariés mais sont mis en péril un nombre croissant d'organismes collecteurs. 5 CIL prévoient d'être en déficit comptable en 2010. Plus d'une quinzaine de CIL pourraient l'être en 2011. Au global, le cumul des résultats de l'ensemble des CIL, tout juste à l'équilibre en 2010, pourrait devenir déficitaire en 2011 de 20M€ à comparer à un excédent de 70 M€ en 2008.
La France des propriétaires, chère à Sarkozy et à la pensée libérale, ne répond pas aux besoins sociaux mais constitue également un leurre. Le nombre d'accédants à la propriété n'a que très peu varié et le prêt à taux zéro ne bénéficie de fait qu'aux ménages les plus aisées et coute à l’État.
De manière décomplexée, André Yché, patron du principal pôle public de HLM et qui a les oreilles de l’Élysée, propose dans son ouvrage que les organismes de logement HLM doivent cesser d'assumer leurs missions sociales pour devenir des "gestionnaires de portefeuilles d'actifs immobiliers", soit ; constructeurs, vendeurs, syndics, gestionnaires de copropriétés. Ils ne doivent pas hésiter à se lancer dans des spéculations foncières et immobilières et empocher au passage de formidables plus-values, à chaque fois que cela est possible.
Plus que jamais, la mobilisation est nécessaire pour promouvoir un logement social, de qualité énergétique et environnementale, accessible à tous.
N'oublions pas aussi que le logement social soutien l'économie du pays, sous forme d'investissement et d'emplois, autant au moins que ne le font les activités financées par des prêts bancaires.
1 000 000 de logements à produire, c'est en corollaire des centaines de milliers d'emplois qualifiés pour satisfaire à un besoin de constructions conformes aux normes actuelles en matière de développement durable et qui sont autant de réponses à la montée du chômage.
Pour la CGT, le 12 mars constitue une étape d'un puissant mouvement social à créer, en convergence et dans le respect des identités des associations, des organisations syndicales, des partis politiques. Comme chacun, la CGT a sa propre réflexion, ses propres propositions mais porte résolument les propositions communes de l'appel à manifester.
Les organisations de la CGT sont décidées à s'engager pour faire du Logement un droit, un véritable droit pour tous. Au delà du 12 mars, nous participerons et favoriserons le rassemblement le plus large possible pour y parvenir.
UD CGT NORD
INDECOSA CGT NORD
