mardi 13 mai 2008

Les HEURES SUPPLEMENTAIRES « façon Sarkosy » ne répondent pas aux exigences des salariés…

Bien que SARKOSY reparte à la charge sur le soi-disant succès des heures supplémentaires (issues de la loi TEPA sur le pouvoir d’achat), LA VERITE EST POURTANT TOUTE AUTRE !

Rappelons que la loi TEPA (entrée en vigueur le 8 février dernier) consiste juste à inciter les salariés à puiser dans leurs propres réserves (paiement des RTT et des congés, heures supplémentaires ou déblocage des participations).

L’ACOSS (AGENCE CENTRALE DES ORGANISMES DE SECURITE SOCIALE), révèle dans son rapport du 20 février dernier que le nombre d’heures supplémentaires déclarées aux Urssaf, au cours du dernier trimestre 2007 (144 millions) est inférieur d’un tiers à ce qu’il était antérieurement (225 millions).

Il est à noter, tout d’abord, que les heures supplémentaires dépendent de la seule volonté de l’employeur. De plus, un grand nombre de salariés ne peuvent pas accéder aux dispositions de la loi TEPA :

 Les précaires, intérimaires, temps partiels, privés d’emploi ;
 Les salariés qui ne sont pas aux 35 heures ;
 Ceux qui ont un accord d’entreprise d’annualisation/modulation (dans ce cas, la régularisation se fait en fin d’année)…

Cette loi est donc loin de s’adresser à tous les salariés et ne saurait provoquer sur l’économie le même effet qu’une mesure de revalorisation générale des salaires.

Par ailleurs, les salariés ne sont pas prêts de lâcher leurs RTT : 58 % d’entre eux préfèrent conserver leurs RTT plutôt que de se les faire racheter par leur employeur (sondage du 28 janvier de LH2 pour Randstad et Le Parisien/Aujourd’hui en France).

De toute évidence, les heures supplémentaires ont un impact négatif sur l’emploi, et moins d’emploi = moins de cotisations patronales et salariales dans les caisses de la Sécurité sociale pour le financement des retraites.

Par contre, les dispositions de la loi TEPA ont constitué un effet d’aubaine pour les employeurs :
• D’une part, ils bénéficient d’une exonération de cotisations sociales s’élevant à 500 millions d’euros (selon l’Acoss) qui seront épongés essentiellement par le budget de l’État, donc par les salariés : une partie de ces cotisations ne rentreront pas dans les caisses de la Sécurité sociale pour le financement de la Santé et des Retraites !
• D’autre part, les employeurs distribuent du pouvoir d’achat aux frais du contribuable à travers la défiscalisation des heures supplémentaires.

AUCUN EFFORT N’EST DEMANDE AUX ACTIONNAIRES, ET LE CAPITAL EST SCANDALEUSEMENT EPARGNE !!
ET POURTANT… !!

Cela confirme bien toute la légitimité des luttes qui se multiplient dans les entreprises pour exiger :

DE VERITABLES AUGMENTATIONS DE SALAIRES, DES CREATIONS D’EMPLOI ET DE MEILLEURES CONDITIONS DE TRAVAIL !
Poursuivons et développons ces luttes !!

UNE TOUTE AUTRE POLITIQUE EST POSSIBLE : Il faut avoir le courage de s’attaquer résolument à une autre répartition de la richesse produite par les salariés dans les entreprises !


Martine DEBELS
Espace Revendicatif